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[Critique] Super : le 1 est quand même mieux que le 8.

super affiche

Titre
: Super

Réalisateur : James Gunn
Année : 2011
Avec : Rainn Wilson, Liv Tyler, Ellen Page, Kevin Bacon
Genre : Films de pas super-héros, comédie, drame, action

Un loser qui décide de devenir un super-héros sans pouvoirs et des couleurs vives pour donner une apparence très pop et déjantée? Pas de doute, Super a un bon air de famille avec le super cool Kick-Ass de Matthew Vaughn. Mais la comparaison entre les deux s'arrête plus ou moins à cette ressemblance superficielle. Le film de James Gunn (réalisateur d'Horribilis, film divertissant et plutôt cool, sans être particulièrement mémorable) s'intéressant plus à ses personnages, et profitant moins de la hype geek-friendly. Rien à voir non plus avec Burtnfaceman, le personnage créé par David Firth, malgré ce que l'affiche peut laisser penser...

On se marre donc tout de suite moins. Rainn Wilson incarne ici Frank D'Arbo, un pauvre type que sa femme junkie (Liv Tyler) laisse tomber pour un truand qui aime bien les omelettes (Kevin Bacon). C'est en regardant une série télé super kitch mettant en scène une sorte de super-Jésus que Frank a l'illumination : il doit lui aussi devenir un super-héros pour récupérer sa femme. Très vite, il se trouve un costume, un nom (The Crimson Bolt) et un side-kick (Ellen Page, qui jouait déjà avec Rainn Wilson dans Juno). The Crimson Bolt veut défendre la justice, combattre le mal là où il se trouve, et sous toutes ses formes...Mais très vite, on se rend compte que non, ce n'est pas tous les jours que des crimes sont commis dans la rue en milieu d'après-midi, et Frank passe plus de temps assis par terre à attendre. Ce qui se passe entre les cases des Comics, quoi. Le temps pour James Gunn de nous attacher aux personnages, de les travailler, et de donner une dimension plus tragique à son film : cette idée de super-héros est au final désespérée, un moyen de tromper l'ennui et de fuire la vérité pour Frank. Et surtout, cette idée est dangereuse. Tout d'abord, dans la vraie vie, porter un collant fluo ne protège ni des balles, ni des types costauds, et est donc très kamikaze. Ensuite, en prenant son rôle trop à coeur, Frank perd petit à petit le sens de la réalité : il peut s'en prendre à des petits truands, comme il peut lui arriver de massacrer à coup de clé à molette un type qui n'a "que" grugé dans la file d'attente d'un cinéma. Le super-héros a souvent été représenté dernièrement comme un hors-la-loi, un type appliquant sa propre justice de manière parfois totalitaire, et tout comme Watchmen, V Pour Vendetta ou Batman : The Dark Knight, Super aborde cet aspect du justicier controversé, limite fasciste.

super frank


Super fait donc rire en même temps qu'il inquiète. On a peur pour son héros, mais aussi un peu peur de ce pauvre type, complètement paumé, qui s'embarque dans une aventure qu'on sent quasi-suicidaire. S'intéressant de près aux enjeux personnels de son héros, James Gunn nous livre aussi quelques passages totalement barrés visuellement : le "doigt de Dieu" se manifeste par des tentacules mettant le cerveau de Frank à l'air, son vomi prend la forme du visage de sa femme, un peu façon "n'oublie pas qui tu es" dans le Roi Lion...Tout cela rappelle forcément les films de la Troma, pour qui le réalisateur a travaillé. Avec un casting aussi costaud, on regrette cependant que le personnage d'Ellen Page soit si insupportable : dans le rôle de la side-kick hystérique hyper-active, elle est juste lourde. Elle cause trop, est trop survoltée, prend trop de place, et du coup me donne vachement envie de spoil une scène où elle m'a fait rire. Mais ça serait pas sympa, alors j'le fais pas.

Au final, Super est plus un anti-Kick Ass qu'un dérivé. Moins pop, le film de Gunn ne cherche pas à caresser le public dans le sens du poil en enchainant les scènes cool et jouissives ultra-réferentielles. A la place, il prend son temps. Le temps de nous dresser un portrait assez triste d'un type paumé, qui ne sait pas quoi faire ni de lui ni de sa vie et s'embarque dans une croisade auto-destructrice plus pathétique que fun-bazooka-lol-prodigy-jetpack. Sans Ellen Page pour nous pomper l'air, Super aurait évité quelques lourdeurs qui nuisent à son fond. Mais sinon, on ne peut qu'être agréablement surpris de l'épaisseur que James Gunn a su donner à son travail après Horribilis, qui était bien mais pas super profond quand même...Oh, par contre, quand j'ai vu le huitième de la saga, j'ai rien compris. J'ai du rater des épisodes entre Super et Super 8...

Note finale : 7,5/10, Ellen Page fait vraiment mal au crâne.

super cartoon 

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