
Titre : Sleepy Hollow, La Légende du Cavalier sans Tête (Sleepy Hollow)
Réalisateur : Tim Burton
Année : 1999
Avec : Johnny Depp, Christina Ricci, Christopher Walken, Jeffrey Jones, Ian McDiarmid, Richard Griffiths, Michael Gough, Miranda Richardson, Christopher Lee
Genre : Fantastique
Pays d'Origine : USA, Allemagne
Durée : 1h45
A la fin des années 90, Tim Burton s'assagit, comme si le turbulent Mars Attacks! avait été sa crise d'adolescence et que les oeuvres suivantes seraient moins imprévisibles, plus cadrées aussi. Sleepy Hollow est un peu le précurseur de cette période où, lors des années 2000, les films de Burton seront des affaires qui roulent, rassurantes pour leurs producteurs et au style établi. Ce qui n'enlève rien à leurs qualités (pour la plupart). Librement adapté du roman de Washington Irving, Sleepy Hollow raconte l'enquête d'Ichabod Crane, détective new-yorkais rationnel à l'excès, dans un petit village superstitieux où des crimes semblent avoir été commis par un cavalier sans tête venu tout droit des enfers.
Sleepy Hollow est avant tout un hommage aux productions fantastiques des années 50-60, en particulier les films de la Hamer, de Mario Bava et les films gothiques de Corman dont on retrouve tous les éléments : l'époque victorienne, les décors magnifiques, la brume omniprésente, quelques scènes gentimment gores, un héros à l'esprit scientifique comme pouvait l'être Peter Cushing dans ses films...Et même Christopher Lee, qui vient faire pour la première fois un clin d'oeil dans un film de Burton. Plastiquement, Sleepy Hollow est magnifique, et ce dès son générique de début particulièrement soigné, comme c'est souvent le cas avec ce réalisateur, accompagné de la musique de Danny Elfman, superbe comme toujours à l'époque. On peut d'ailleurs comme d'habitude s'amuser à remarquer ici ou là les différentes références à son univers (comme cet épouvantail tout droit sorti de L'Etrange Noël de Mr Jack) et reconnaitre quelques seconds rôles excellents (Michael Gough, autre vétéran de la Hammer par exemple). Les acteurs sont tous irréprochables d'ailleurs, Johnny Depp en tête bien qu'il ait été "retenu" par les producteurs qui ne l'ont pas laissé avoir les grandes oreilles et le grand nez qu'il voulait pour son personnage, ce qui l'aurait fait ressembler au Ichabod Crane du Sleepy Hollow de Disney (La Crapeau et le Maitre d'Ecole, datant de 1949) auquel Burton rend hommage à quelques reprises. On note tout de même qu'il aime teindre en blond ses actrices brunes (après Winona Ryder dans Edward aux Mains d'Argent, c'est au tour de Christina Ricci), et que ce n'est pas forcément très heureux! Même si il réalise son premier vrai film d'horreur gothique, Burton se laisse aller comme d'habitude à son ironie et son humour macabre, et à nous attacher à un héros totalement décalé et pas du tout à la place dans son environnement : Ichabod Crane, avec sa froideur détachée scentifique et ses instruments passe pour un extra-terrestre au milieu de villageois effrayés. Villageois qui, d'ailleurs, cachent tous leurs vilains secrets qui seront découverts au fur et à mesure. Assumant totalement son goût pour le fantastique, Burton se fait plaisir en rendant un magnifique hommage au genre, passant par bon nombre d'étapes obligatoires : la visite à la sorcière, la course-poursuite avec une calèche, la scène dans l'église, la forêt, etc...
Parfaitement maitrisé, Sleepy Hollow est un enchantement visuel constant, peut-être un des plus beaux films de son auteur. Il peut aussi se vanter d'être un des rares grands films d'horreur fantastiques grand public, un des rares exemples où un budget conséquent sert le film, et d'être un chef d'oeuvre du genre auquel il rend hommage. On peut peut-être y trouver quelques longueurs, mais c'est pour mieux nous laisser admirer ses arbres tordus dans le brouillard! On souhaite bien du courage à Len Wiseman et sa série pour n'arriver ne serait-ce qu'à la cheville du Sleepy Hollow de Burton!
Note finale : 9/10