
Titre : Possédée (The Possession)
Réalisateur : Ole Bornedal
Année : 2012
Avec : Jeffrey Dean Morgan, Kyra Sedgwick
Genre : Horreur, Fantastique, Exorcisme
La présence de Sam Raimi au poste de producteur est loin d'être une garantie de qualité. Pire, ça aurait même tendance à être l'inverse. Et ce n'est pas Possédée qui va inverser la tendance. On dit souvent que les films d'exorcisme se ressemblent tous, avec leurs passages obligés de voix distordues, de contorsionisme et d'insultes envers les parents. Et bien oui, c'est vrai. Mais Possédée a quelque chose de différent...Ici, ce n'est pas le diable que nous connaissons, c'est un dibbuk, un démon juif. Est-ce que ça change quelque chose, à part ça?
Et bien, oui. On se marre bien plus. Mais si ça n'est pas (que) la faute du démon, il faut bien dire qu'il nous y aide bien. Le gros soucis de Possédée, c'est que chaque scène de tension ou d'horreur a un effet comique involontaire : impossible de ne pas se moquer de cette pauvre vieille qui se met à se rouler par terre lors de la scène d'introduction, ou comment ne pas ricaner quand un père dépassé (Jeffrey Dean Morgan, sympathique) se fait engueuler par ses feux filles parce qu'il a tué une bête dans les draps ce qui : 1)fait une tache, 2)ne plait pas à la gosse végétarienne. Mais tout cela n'est rien comparé au climax du film, la fameuse scène d'exorcisme. Dibbuk oblige, c'est un rabin qui s'en charge. Il faut le voir s'agiter, tout en rouflaquette, en hurlant le nom du démon. Ce que je ne vous ai pas dit, c'est que le démon s'appelle Abizou. Abizou, oui, oui. Ca se prononce comme ça s'écrit. Voilà. Donc imaginez un grand rabin tout maigre s'agiter d'avant en arrière en beuglant "AAAAABIIIIZOUUUUUUUUU AAAAABIIIIZOUUUUU". Moi, cet argument a suffit à me convaincre de voir le film.
Pour le reste, on peut passer vite fait : du pathos à deux balles parce que le père s'est fait larguer alors qu'on le trouve sympa (forcément, l'acteur est cool), des inévitables scènes se voulent flippantes mais toutes foirées (la gamine avec ses cernes l'air paumée sous la balancoire, ou qui tourne la tête en ayant les yeux blancs, génial...) et une réalisation dégueulasse. On est même déçu par les effets spéciaux, quasi-inexistants quand il s'agit de montrer la gamine : Possédé n'est même pas spectaculaire. On pourrait même pinailler et dire que l'affiche est mensongère, mais passons. Oh, et le pauvre Abizou : en plus d'avoir un nom vraiment ridicule pour un public francophone, il ressemble à Gollum version Tchernobyl. Pas de chance. D'façon, le Dibbuk et le cinéma, c'est pas vraiment ça. Souvenez vous d'Unborn. A la limite, il y'a l'intro d'A Serious Man des frères Coen, qui a bien de la gueule. Et pis c'est tout!
Bref, Possédée n'est qu'un énième nanar de possession, comme il y'en a eu des milliers depuis le fameux chef d'oeuvre de Friedkin. Mais Possédée est peut-être le plus marrant de tous. C'est con, avec un casting en apparence solide et Sam Raimi derrière le projet, ça aurait pu être vachement mieux.
Note finale : 4/10