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[Critique] Maniac



Titre
 
: Maniac

Réalisateur : Franck Khalfoun
Année : 2012 
Avec : Elijah Wood, Nora Arnezeder 
Genre : Horreur, Thriller


Soyons honnêtes : l'annonce d'un remake du Maniac de Bill Lustig avait de quoi laisser sceptique. Pas uniquement car il s'agissait d'un énième remake d'un film culte des années 80, mais surtout car le premier était tellement unique, proposait une ambiance qu'il serait impossible de recréer aujourd'hui et reposait sur un acteur parfait dans le rôle qu'il ne serait même pas la peine de chercher à remplacer. Oui, mais derrière ce remake de Maniac, il y'a Alexandre Aja. Et tout de suite, on se souvient de son excellente version de La Colline A Des Yeux (on a le droit de le trouver meilleur que l'original de Wes Craven, si, si), de son Piranha...Et puis les doutes ont commencé à laisser leur place à une certaine impatience. Ainsi, Elijah Wood serait Frank Zitto, un acteur physiquement aux antipodes de Joe Spinell. Et si on tenait là un film bien plus intéressant que son statut de remake voudrait bien nous le faire croire?



Dès le début, on est agréablement surpris par un mélange entre respect de l'original et émancipation : vue subjective, voix menaçante, respiration (bien que moins pesante et glauque que celle de Spinell)...Pas de doute, on regarde bien Maniac. Oui, mais Los Angeles a pris la place de New York, devenue trop propre. Et puis vient le premier meurtre, brutal et sauvage, un couteau plantée dans la gorge qui traverse la bouche de la victime, et puis le rituel du scalp. T-daaa, le titre apparait en lettres rouges à ce moment là, le couteau est plein de sang et la musique aux synthés sonne 80's à mort, mais en version plus "futuriste" encore. Pas de doute, ça va être bien. La vue subjective avait beau faire peur, elle n'est pas prétexte à faire sautiller l'image dans tous les sens, bien au contraire : beaucoup de plans sont magnifiques, qu'il s'agisse de nous montrer la ville de nuit, les mannequins au visage recouvert de sang ou les mains abimées d'Elijah Wood sur un bain moussant, on ne peut qu'admirer le travail esthétique qui a été fait et qui permet de se démarquer de l'original. Et peut-être qu'avec ce procédé, Aja et Khalfoun ont cherché à nous mettre face à nos réactions face à cette violence, à la rendre plus directe encore, et si tout n'est pas parfait il faut reconnaitre que le résultat est bon.

Elijah Wood, autre source d'inquiétude, est parfait. Tout d'abord, il permet d'éviter toute comparaison avec Joe Spinell, et heureseument pour lui : il aurait été impossible de l'égaler. Ensuite, son physique moins "repoussant" rend le début de romance crédible, et on se surprendrait presque à croire qu'il serait possible pour lui de s'en sortir. Mais si la vue subjective rend sa performance difficile à juger car on ne le voit que très peu, ces rares moments n'en sont que plus forts : teint cieux, grosses cernes : non, ce type ne va pas bien. On a beau ne pas le voir, le travail qu'il afit sur sa voix est remarquable : pleurnichard, menaçant, il faut l'entendre gémir et essayer d'être rassurant pour comprendre que notre cuir chevelu n'en a plus pour très longtemps. Encore plus que d'habitude, la VO est obligatoire.



Et puis, malgré ses différences, il y'a ces moments ou le Maniac de 2012 nous rappelle avec bonheur celui de 1980. Il y'a la violence des meurtres (si le film est interdit aux moins de 16ans, c'est pas pour rien), et puis même si l'original reste plus sordide et poisseux, on retrouve cette ambiance crade et malsaine, avec ce type vivant seul dans sa folie au milieu de ses mannequins recouverts de scalps, envahi par les mouches. Le final jouant avec le fantastique est particulièrement réussi, même si le déchainement de violence des dernières minutes peut détoner un poil : difficile de ne pas applaudir le coup de hachoir dans le sourire colgate, ou de ne pas rigoler face à l'accident de voiture le plus idiot et gratuit de l'année. Mais comment ne pas saluer non plus ce clin d'oeil génial à l'original, lorsque vers le milieu du film le reflet d'Elijah Wood apparait dans une portière de voiture, déformé et grossi, un scalp dans une main et son couteau dans l'autre, recréant l'affiche d'origine?

Avec ses scènes gores ultra violentes, son esthétique sublime et son ambiance glauque réussie, Maniac version 2012 est l'exemple même de remake parfait. Khalfoun, Aja et Levasseur ont trouvé l'alchimie idéale entre respect de l'original, appropriation et modernisation. Et quand en plus on est aidé par un acteur aussi impliqué qu'Elijah Wood, alors forcément, le résultat est au top. Mais il est tout de même autorisé de préferer la crasse de l'original, hein!

Note finale : 9/10 

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