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[Critique] Halloween (remake)




Titre
: Halloween

Réalisateur : Rob Zombie
Année : 2007
Avec : Scout Taylor-Compton, Malcolm McDowell, Tyler Mane, Sheri Moon Zombie, Brad Dourif, Daeg Faerch
Genre : Horreur, Slasher
Pays d'Origine : USA
Durée : 1h40

Alors que Rob Zombie a récemment fait ses adieux au cinéma d'horreur avec son très bon The Lords of Salem (voir [critique]), on pourrait se replonger vers ce qui reste aujourd'hui son oeuvre la plus controversée : ses deux films Halloween, un remake et une suite bien plus affranchie de son modèle, sur lesquels plane l'ombre des frères Weinstein, avec lesquels Rob Zombie ne se serait pas franchement entendu. Si tout remake est sujet aux critiques, en s'attaquant à un classique à l'origine, avec Black Christmas, du phénomène des slashers (un boogeyman masqué qui tue à l'arme blanche des ados idiots sans piper un seul mot), Rob Zombie tendait aussi le bâton pour se faire battre.

Et pourtant, sa version d'Halloween alterne habilement entre fidélité à l'originale et touches plus personelles. Influencé par la mode des préquelles lancée par la prélogie Star Wars consistant à raconter les "origines du mal", Rob Zombie s'intéresse dans un premier temps à l'enfance de Michael Myers, qui reçoit donc un visage, celui du jeune Daeg Faerch, au regard terrifiant. Pas sûr que cela l'humanise pour autant, tant le petit Myers s'avère être tordu. Si les "justifications" sentent la psychologie rapide et facile, cette première partie nous plonge en plein dans l'univers de Rob Zombie : on retrouve ses dialogues trash à mi chemin entre l'humour noir et le vraiment violent, et surtout cette brochette de seconds rôles à la gueule pas possible qu'on a plaisir à revoir. On retrouve ainsi au long du film toute la team des Devil's Rejects : William Forsythe, Sid Haig, Dee Wallace, Bill Moseley, Danny Trejo...



Et puis Michael Myers prend quinze ans d'un coup, le temps de lui découvrir son obsession pour les masques dans sa cellule. Le catcheur Tyler Mane lui donne corps, accentuant sa présence physique par rapport à l'original : le tueur est devenu un colosse au pas lourd, rendant sa silhouette bien moins "fantômatique". Après nous avoir plongé dans un contexte sauvage et cru avec sa famille de beaufs comme il sait le faire, Rob Zombie rejoint le film de Carpenter. Son Halloween devient un condensé de l'original collant fidèlement au déroulement des événements , jusqu'à une fin qui s'en éloigne pour nous réserver quelques surprises. Certes les meurtres de Myers sont plus violent, le rythme est plus soutenu, mais pour le reste on est en terrain familier, des décors jusqu'au thème composé par John Carpenter. On aurait aimé peut-être plus de folie de la part de Rob Zombie au cours de cette partie qui se déroule en mode automatique jusqu'à sa conclusion, dont la principale force est d'humaniser Michael Myers (enfin, sans en rajouter), inversant comme il aime le faire les rôles victimes/monstres.

Du coup, cette version de Halloween a le mérite de remettre la saga sur de bons rails, après ces suites qui partaient en vrille, et de proposer une première partie apportant quelques nouveaux éléments au mythe Michael Myers. Cependant, on ne s'attache pas non plus particulièrement aux personnages ni à l'intrigue, et le film manque curieusement de punch, surtout après The Devil's Rejects qui envoyait sévère dans le genre violence crasseuse.

Note finale : 7/10 

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