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[Critique] Halloween 2 (version 2009)




Titre
: Halloween 2

Réalisateur : Rob Zombie
Année : 2009
Avec : Malcolm McDowell, Scout Taylor-Compton, Tyler Mane, Brad Dourif, Sheri Moon Zombie
Genre : Horreur, Slasher
Pays d'Origine : USA
Durée : 1h40, 2h pour le director's cut.


A l'image de The Lords of Salem, qui sortira chez nous en octobre, Halloween 2 n'avait pas eu droit à une sortie en salles françaises. Il faut dire que le film s'est plutôt fait allumer par la critique et n'a pas été un énorme succès. Déjà que le premier n'avait pas eu droit à une énorme distribution chez nous...En même temps, Rob Zombie n'avait pas franchement l'intention de le faire cet Halloween 2, mais a fini par céder histoire de se débarasser du contrat qui le liait à Wild Side. Et tant qu'à le faire, autant y aller à fond et pondre un truc à l'opposé de ce qui en était attendu, non?

Car si il y'a bien une sensation qui se dégage de cet Halloween 2, c'est celle d'un film qui se démarque, à la fois de la saga Halloween et de la filmographie de Rob Zombie. Les "trahisons" au mythe de Michael Myers sont nombreuses, et si cela rend le film intéressant, il y'a de quoi faire grogner les fans. Mais de toute façon, les fans, ça ne fait que grogner. Soit on leur donne ce qu'ils attendent et ils se plaignent de ne pas être surpris, soit on les surprend et ils hurlent à la trahison. C'est d'ailleurs suite à cet amer constat que Rob Zombie a préféré laisser tomber son remake du Blob, disant ne plus jamais vouloir faire de remake. Dans Halloween 2, qui est une suite de son film de 2007, on retrouve une Laurie traumatisée par les événements du premier film, vivant chez son amie. On retrouve pluieurs personnages du premier, même ceux que l'on croyait morts, et on est surpris de constater des changements de personnalité assez marqué. Il n'y a pas que Laurie qui a changé, le Dr Loomis est devenu un type imbuvable, cupide et prétentieux. Et puis il y'a Michael Myers, devenu une sorte de clochard fantômatique errant au large des villes, hanté par des visions de sa mère et de lui enfant.



Et c'est là que Halloween 2 divise le plus : Michael Myers est de plus en plus humanisé. Son masque se fend et laisse entrevoir une partie de son visage, on entend même sa voix lors de certains meurtres. Si le jeune Daeg Faerch de joue plus Michael jeune, le garçon est toujours présent et semble guider l'adulte au cours d'apparition fantastique à la limite de l'onirique. Michael Myers, un clodo schyzophrène dont la mère se balade à dos de cheval blanc? Pas étonnant que ça en ait laissé sceptique. Et bien que le film soit bien plus brutal que le premier dans ses meurtres, il s'éloigne aussi de ce que l'on connaissait du style Rob Zombie, qui s'essaye à composer des plans plus étranges, plus lents, des visions hallucinées à la recherche esthétique laissant entrevoir son travail sur The Lords of Salem. Pour le reste, on a toujours plaisir à retrouver une floppée de seconds rôles à la trogne familière, dont Richard Brake au tout début, et ces familles tordues de tueurs psychopathes. En fait à aucun moment le doute ne plane, et ce malgré le relatif ennui qui s'installe : on est bel et bien dans un film de Rob Zombie, qui semble profiter d'une certaine liberté pour tenter de nouvelles choses, qu'i s'agisse d'apporter une touche personelle à la saga Halloween ou juste d'un point de vue formel.

On ne peut pas dire qu'Halloween 2 soit un chef d'oeuvre. S'y lançant au début sans passion, Rob Zombie y donne cependant bien plus d'âme et de personnalité que prévu, faisant dévier la saga Halloween hors des rails de ce qui est acceptable par les fans. Bien moins accessible que ses précédentes oeuvres, le film alterne entre le très bon, où l'on sent que Rob Zombie s'intéresse à ce qu'il nous montre, et le moins bon, où l'on s'ennuie ferme sur la durée. 

Note finale : 6/10 

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