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[Critique] Frankenhooker




Titre
: Frankenhooker

Réalisateur : Frank Henenlotter
Année : 1990
Avec : James Lorinz, Patty Mullen, Joseph Gonzalez
Genre : Fantastique, Horreur, Comédie
Pays d'Origine : USA
Durée : 1h25

Frank Henenlotter est le roi du pitch barré, le monsieur nous ayant pondu cinq pépites bien déviantes au cours d'une petite décennie, de 1982 à 1991 (depuis, il a réalisé un autre long à la fin des années 2000 et des documentaires sur le cinéma bis). Cinq films ayant en commun leur attachement au New-York cradingue de l'époque, aux histoires sordides, aux personnages en marge et à l'humour très présent. Mais de ces cinq films là, Frankenhooker est le seul à réellement ouvertement être une comédie. Comme d'habitude, l'histoire fait rêver : un jeune homme, savant fou sur les bords, offre une tondeuse à son beau-père. La tondeuse se met en route et découpe en morceaux sa copine, dont il garde la tête afin de lui recréer un corps "parfait" en utilisant des morceaux prélevés sur des prostituées.



Avec ce film, Henenlotter multiplie bien évidemment les clins d'oeil à Frankenstein, que ce soit via l'histoire (il faut une nuit d'orage pour donner vie à la créature!) ou les noms des personnages : le héros s'appelle Jeffrey Franken (le prénom renvoyant peut-être à Jeffrey Combs, l'acteur principal de Re-Animator), et sa copine s'appelle Shelley. Mais il est difficile de ne pas penser au film Le Cerveau qui ne Voulait pas Mourir ([critique]) datant du début des années 60 et proposant un pitch similaire. Frankenhooker a également une fin incroyablement semblable à celle de Re-Animator 2 de Brian Yuzna sorti la même année, les deux étant des sommets de n'importe quoi particulièrement réjouissants. Pour le reste, Frankenhooker enchaine les gags et les répliques hallucinantes rendues encore plus folles par une VF qui ose tout. Aux limites du nanar (il faut admirer le jeu des acteurs ! ), faible budget oblige, Frankenhooker est pourtant un vrai bon film dans le genre plaisir régressif, aussi décomplexé que pouvait l'être le cinéma bis des années 80. Il n'y a donc aucun problème à voir des prostituées exploser, un p'tit vieux tout chauve en caleçon cracher des éclairs, un type se mettre des coups de perceuse dans la tête pour mieux réflechir ou une journaliste parler de "salade humaine". Réellement drôle et assumant totalement ses aspects les plus fous et son mauvais goût, Frankenhooker offre un spectacle sidérant pour le spectateur non-averti, qui va de surprises en surprises jusqu'à un final magnifique lors duquel Frank Henenlotter peut exprimer toute sa folie. Bien entendu, le film a fait un bide commercial (par rapport à son budget), mais cela ne lui enlève rien. Au contraire, on a d'autant plus envie de le défendre !

Véritable perle du cinéma bis, Frankenhooker est un chef d'oeuvre de mauvais goût et d'humour déviant, où le budget minuscule n'empêche pas de nous en mettre plein la vue grâce à des effets spéciaux plus-artisanaux-tu-meurs. En plus de ça, le film dégage une réelle tendresse de son auteur pour les personnages en marge dont il parle, et l'univers qu'il dépeint (New-York il y'a 30ans). Frankenhooker est un film tellement ancré dans son époque qu'il serait probablement impossible de refaire une oeuvre similaire aujourd'hui, ce qui explique peut-être aussi pourquoi Henenlotter, dont l'indépendance devrait servir de modèle aux guignols de Sundance, se fait si discret depuis. Dommage car chacune de ses oeuvres, Frankenhooker compris, sont des modèles d'étrangeté et de comédie gore typique des 80's.
 
Note finale : 9/10 

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