
Titre : Deadheads
Réalisateurs : Bret Pierce, Drew Pierce
Année : 2011
Avec : Michael McKiddy, Ross Kidder,
Genre : comédie kikoo zombie romantique
Oh, tiens, un film avec des zombies, comme c'est original. Et en plus, c'est une comédie, qui cite Zombieland et Shaun of the Dead en référence. Comme c'est encore plus original! Rien d'opportuniste là dedans, non, vraiment... Et quand le film nous est présenté comme un Very Bad Trip mais avec des zombies, on se dit qu'en effet, Deadheads part avec un a priori franchement négatif. Mais comme les héros du film sont cette fois deux morts-vivants intelligents et bavards, ce qui ressemble à une idée nouvelle, il méritait d'avoir sa chance. Qui sait?
Et le début du film pose cette grande question : qu'est ce qu'une comédie? Une comédie, c'est un truc qui fait rire. Un truc qui fait dire "lol". Seulement voilà, moi, je ne dis jamais "lol". Sûrement que les frêres Pierce ont trouvé ça super "lol" de penser à leur tandem comique vu et revu (le mec bavard et rigolo opposé au héros un peu plus sérieux), super "lol" aussi de leur coller un vieil excentrique et un zombie bien décérébré comme compagnon. Carrément "mdr" de les faire suivre par un autre tandem d'abrutis ou de leur faire fumer un joint dans la forêt. Mais malgré toute leur bonne volonté, Michael McKiddy et Ross Kidder n'ont pas encore le talent et le charisme de Simon Pegg et Nick Frost ou de Jesse Eisenberg et Woody Harrelson. Et à aucun moment on ne trouve ça "lol", en fait. Non, les répliques pourries ne sont pas "lol", non les situations prévisibles ne sont pas "lol" (oui, on a compris, un zombie ça peut perdre des bouts et se les recoller, c'était marrant les 666 premières fois mais là ça devient lourdingue), et le méchant en ray-ban est vraiment trop énervant. Imaginez un mec qui aimerait être un vilain chez Tarantino en disant plein de gros mots, mais surjoue tellement qu'il aurait plus sa place dans Alvin et les Chipmunks. Du coup, on s'ennuie, et fort. Les personnages sont pénibles, le film est poussif. Seuls les effets gores rigolos sauvent un peu la mise, et encore, ça sent le déjà-vu (s'accrocher à des intestins? aucun mexicain ne l'aurait déjà fait?).
Et puis, au fur et à mesure, sans trop savoir pourquoi, on finit par s'attacher un tout petit peu à cette histoire de zombie amoureux qui veut retrouver sa copine, tout en ayant peur de sa réaction en voyant qu'il est mort. Quand Deadheads arrête d'essayer de faire rire les lycéens ou de se la jouer Tarantino, il réussit à nous prendre en flagrant délit de sympathie pour ses personnages. Grâce à sa sobriété, la scène face à la mer est par exemple assez réussie. Et une fois pris au piège, on veut savoir comment ça finit. Deadheads est même marrant pour de vrai une fois ou deux (vous avez déjà vu un type déguisé en phoque chanter qu'il va faire caca? Vous vous êtes déjà demandé ce qu'un zombie pouvait avoir dans la poche?). Alors malgré un jeu d'acteur qui oscille entre le pénible-mais-on-s'y-attache (les personnages principaux) et le cataclysmique (le chasseur de zombie neuneu), un humour souvent lourd et convenu façon week-end d'intégration en école de commerce et des passages un peu gnan-gnan, Deadheads réussit (un peu) à ne pas être juste ce mélange opportuniste profitant d'une mode tout à fait conventionnelle et agaçante. Sans être novateur, le film dégage une certaine sympathie qu'on n'aurait pas pu avoir envers un bête produit de consommation. On n'est pas "ptdr", mais c'est déjà ça.
Note Finale : 4,5/10