
Titre : Cockneys VS Zombies
Réalisateur : Matthias Hoene
Année : 2012
Avec : Michelle Ryan, Harry Treadaway, Alan Ford
Genre : Comédie, Horreur, Zombies
Une comédie anglaise avec des zombies. Ahem, voilà qui sent très fort le film dont la jaquette du DVD proclamera sans aucune honte que c'est "encore plus déjanté que Shaun of the Dead", ou une autre idiotie dans le genre. Et pourtant, les trailers et diverses vidéos promotionnelles de Cockneys VS Zombies étaient convaincants : ça avait l'air un poil original, et surtout, ça avait l'air de bien bouger.
Il est des portes grande ouvertes qu'il est quand même bon d'enfoncer : Matthias Hoene n'est pas Edgar Wright, et les comédiens ne sont pas du niveau de Nick Frost ou Simon Pegg. On reconnait le petit Harry Treadaway, qui jouait récemment dans le plutôt mièvre Hideaways : The Last Son dans le rôle d'un type qui va, avec son frère, braquer une banque pour sauver la maison de retraite de pépé. Voilà pour le coté "voyou au bon coeur" et le petit message social à deux sous sur nos pauvres vieux qu'on laisse crever et dont on se fiche pas mal. On se rend vite compte que l'humour ne fonctionne pas des masses, que tout cela est finalement bien convenu et gentillet. Les fameuses scènes impliquant des petits vieux qui servaient d'argument de vente principal du film tombent relativement à plat : on a du mal à se forcer à rire une énième fois de la course-poursuite en déambulateur après l'avoir vue dans chacun des extraits diffusés avant la sortie du film. Ou bien, parfois, c'est la mise en scène qui est foireuse : on sent venir un duel façon western dans la maison de retraite entre un papy et un zombie, mais non, rien de bien excitant au final. Les gens les plus gentils daigneront sourir lors d'un joli "shoot dans l'bébé" qu'on sentait certes venir, mais qui fait du bien par où il passe.
Toute la partie comique du film est donc plus ou moins ratée, comme avec la plupart des comédies : il faut un minimum d'inspiration et de talent pour faire rire, ce n'est pas si facile et paresseux. Paresseux, le reste du film l'est aussi. On se recogne les clichés du papy hargneux qui jure à chaque phrase et flingue du zombie à tout va, mais au moins, ce personnage là est attachant. Tout l'intérêt de Cockneys VS Zombies repose finalement sur cette volonté de représenter un groupe d'individus, les ouvriers de la banlieue est de Londres et leurs accents pas possibles. Le film réussit à en tirer la dose d'identité qui fait si souvent défaut à bien des films. Parfois, ancrer son histoire dans sa région, ce n'est pas plus mal. Un peu comme si des français faisaient un film de zombies ayant lieu dans un contexte bien de chez nous...Ah ouais, y'a eu La Horde, mais c'était raté! Pourquoi pas un village alsacien comme cadre? On aurait aussi droit des accents rigolos. Bref, peu importe, en tout cas Cockneys VS Zombies finit par devenir attachant, à défaut d'autre chose.
Sans être vraiment drôle, ni particulièrement rythme (et encore moins effrayant), Cockneys VS Zombies tient sur les épaules de quelques personnages sympathiques (le grand-père, le malade mental vétéran d'Irak qui joue mal mais est cool), et son petit coté "produit du terroir". Ca flingue un peu, histoire de, et au final ça vole assez haut pour ne pas boire trop la tasse.
Note finale : 6/10