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[Critique] Babycall

babycall


Titre
: Babycall

Réalisateur : Pal Sletaune
Année : 2012
Avec : Noomi Rapace, Kristoffer Joner
Genre : Thriller, Fantastique, Fantôôôômes

Grand prix du festival de Gerardmer cette année, Babycall du norvégien Pal Sletaune sort chez nous dans une petite quarantaine de salles...L'occasion de retrouver Noomi Rapace dans un film bien plus discret que les Millenium, Sherlock Holmes 2 ou Prometheus dans le rôle d'Anna, une mère paranoïaque, surprotégeant son fils après qu'ils aient apparemment été agressés par son ex-mari. Au point d'acheter un babyphone, dans lequel elle entent des hurlements et des pleurs qui ne viennent pas de chez elle.

Voilà pour le synopsis, en résumé. Mais cette histoire de babyphone passe en fait au second plan, après les rapports entre Anna et son entourage. On pense très vite à Dark Water de Hideo Nakata : une mère très attaché à son enfant, dont elle craint d'être séparé dans le procès qui l'oppose à son ex-mari violent. On retrouve aussi le même cadre urbain réaliste et froid de l'immeuble pas franchement luxueux, donnant au film une tonalité sociale. Et ici encore, la mère semble perdre les pédales, ce qui réduit ses chances de rester avec l'enfant. Et si Babycall ne finit pas par franchement plonger dans l'horreur, le fantastique reste aussi très discret. On se retrouve plus dans une histoire de violences conjugales, ou d'enfants maltraités, avec probablement un meurtre commis dans l'immeuble d'Anna. L'isolement de la jeune mère et sa peur maladive de tout ne facilite pas ses contacts avec l'extérieur, et son seul contact humain devient un vendeur d'un magsin genre Darty, Helge, autre grand stressé joué par Kristoffer Joner, déjà présent dans Next Door de Pal Sletaune. Et c'est Helge qui vient nous apporter quelques premières pistes : il confesse voir régulièrement son père décédé depuis des années, et ce que nous révèle son appareil photo introduit plus franchement l'élément fantastique du film.

noomirapace


Sans qu'on ne sache trop si il s'agit ici de folie ou de "vraies apparitions", Anna est hantée. Cependant, via les scènes du lac et la présence de Helge, Sletaune semble prendre parti. Chaque endroit devient menaçant, déstabilisant pour elle (le bus, l'école, le couloir de l'immeuble, le parking), dont l'isolement amplifie les peurs. Alors que la tension monte, on cherche à y voir plus clair mais pour chaque indice arrive également un élément qui vient perturber nos déductions. La confusion dans laquelle on nage est renforcée par le jeu très juste des deux acteurs principaux, et leur incapacité à communiquer "normalement" avec le monde. La subtilité de Sletaune, qui n'embrasse jamais pleinement le fantastique peut cependant déstabiliser certaines : à multiplier les pistes et les sous-intrigues, il peut perdre quelques personnes en route. Babycall, avec son atmosphère oppressante ancrée dans une réalité terne ne peut pas non plus être franchement comparé à d'autres oeuvres mettant en scène des mères face à des esprits (L'Orphelinat, Les Autres, tout ça...), et se révèle être une oeuvre unique malgré quelques thèmes récurrents (la folie, notemment).

Allez, une note pour la route : 8/10

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