• [Critique] Mister Babadook




    Titre
    : Mister Babadook (The Babadook)

    Réalisatrice : Jennifer Kent
    Année : 2014
    Avec : Essie Davis, Noah Wiseman
    Genre : Fantastique, Drame
    Pays d'Origine : Australie
    Durée : 1h30 environ

    Accompagné d'une excellente réputation suite à ses diffusions en festival, Mister Babadook est sorti sur nos écrans avec l'étiquette du "nouveau truc terrifiant" que l'on colle bien rapidement à tout un tas de petits budgets dans lesquels une mère doit faire face à des portes qui claquent toutes seules. Et Jennifer Kent, dont c'est le premier long, se retrouve bien vite comparée à James Wan, le nouveau petit maitre des portes qui claquent.



    Oui, mais Mister Babadook ce n'est pas ça. On pourrait y croire, remarque : une mère seule avec un enfant en bas age (donc on a droit aux peurs enfantines), de la tension entre les deux, et bien entendu, quelques portes qui claquent. Sauf que bien vite, on se rend compte que ce qui intéresse Jennifer Kent, ce n'est pas de claquer des portes dans le vide, ni de demander à ses acteurs de fixer on ne sait trop quoi dans l'ombre. Mister Babadook est un film sur la culpabilité d'une mère, qui refuse d'aimer son gosse parce qu'elle lui reproche la mort de son mari. Un drame psychologique, en fait, où le croque-mitaines est une métaphore des sentiments de la mère. Une bonne idée, bien exploitée par Jennifer Kent, d'autant plus qu'elle tient deux acteurs principaux irréprochables (le petit Noah Wiseman est hallucinant, tantôt attachant, tantôt insupportable). Dommage dans ces conditions que l'aspect fantastique semble si peu l'intéresser, et que chaque scène "de trouille" soit si peu inspirée. Comme trop souvent, le fantôme n'a plus rien d'angoissant quand il se met à agir. Ainsi, quand Mister Babadook vire au fantastique, on n'échappe à aucune des étapes obligatoires du genre, entre la main invisible qui tire quelqu'un, le placard menaçant, l'espèce de possession-qui-effraye-la-famille, etc... Et le sentiment de gâchis est bien là, car le Babadook (une sorte de Nosferatu remixé) avait visuellement du potentiel, que le livre était carrément chouette et qu'il y'avait matière pour offrir un roller-coaster efficace en plus du film que la réalisatrice australienne voulait faire. Là où Bayona réussissait son coup avec L'Orphelinat, Jennifer Kent déçoit : Mister Babadook n'est jamais effrayant, la faute à de nombreuses maladresses mais aussi, visiblement, au désintérêt de son auteur pour l'horreur. Ce qui est d'autant plus frustrant car le reste était vraiment bon, et que le film avait la générosité et la fraicheur des premiers films, que Kent y insufflait indubitablement un souffle et une originalité qui lui font trop défaut dans sa deuxième partie.

    Résultat mitigé, Mister Babadook risque d'être une grosse déception pour ceux qui venaient y chercher leur dose de frisson. Mais il reste la métaphore réussie et la relation entre la mère et son fils, bien plus intéressante que les effets grotesques dont use le film. Mister Babadook aurait pu être une perle rare avec plus d'attention apportée à son boogeyman, mais il n'est "simplement" au final qu'un drame réussi aux touches fantastiques. C'est déjà un bon début!

    Note finale : 7/10 


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